III. La peur est fondamentale

A. La peur est commune à tout être vivant

 

La peur est une émotion universelle.

En effet, elle est reconnue et ressentie par tous les hommes sur Terre. La peur a été définie par les plus grands psychologues comme étant une de nos 6 émotions essentielles c'est pourquoi tous les hommes, quel que soit leur âge, leur sexe, leur culture éprouvent des peurs. C'est aussi une des rares émotions à être ressentie chez les animaux notamment les mammifères.

 

Chat qui a peur

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 Peur   Peur enfant

   

La peur est universelle cependant chaque individu possède ses propres peurs. Ses peurs "personnelles" peuvent apparaître suite à 3 phénomènes:


-l'environnement dans lequel évolue l'individu (famille, entourage....) >>>>>> 6 personnes sur 25 le reconnaissent selon notre sondage

-Un traumatisme vécu (accident, évènement marquant....) >>>>>>>> 2 personnes sur 25 seulement le reconnaissent, le reste des personnes n'arrivent pas à déterminer d'ou proviennent leurs peurs

-Les normes ou idéaux de la société dans laquelle il vit (culture, religion, histoire....)

Ainsi un européen n'aura probablement pas les mêmes peurs (avion, foule...) qu'un indien d'Amazonie. Cela est légitime puisque ces deux individus évoluent dans des environnements et sociétés différentes. L'indien aura peut-être peur de la foule et des avions puiqu'ils ne font pas partie de son quotidien alors que l'européen sera probablement effrayé par la faune étrangère qui l'entoure s'il se rend en Amazonie.

De même, au seing d'une même société, deux personnes peuvent éprouver différentes peurs selon leur entourage ou leur parcours personnel.

La peur est donc commune à l'Homme. De plus, elle est aussi présente chez les animaux notamment les mammifères. Ce point commun nous permet de conclure que la peur est essentielle aux êtres vivants, ce qui nous amène à nous poser la question suivante:

A quoi sert la peur ?

 

B. La peur, une protection nécessaire à la survie

La peur, étant commune aux êtres vivants, nous permet de déduire qu'elle a un rôle important à jouer.

La peur est une émotion jugée négativement par l'Homme et pourtant, sans elle, il n'existerait pas. En effet, cette émotion est ressentie lorsqu'un individu se trouve en danger.

◊ Si le cerveau (amygdale "route longue") juge le danger comme étant minime (car il rationnalise la situation: le danger n'est pas réel ou non mortel), il va seulement provoquer de petites réactions physiques qui se propageront dans l'organisme pour ensuite transmettre à l'homme un sentiment d'angoisse, de stress ou de mal être. L'individu se trouvera donc dans une situation inconfortable et des réactions  comme la chaire de poule, l'augmentaton du rythme cardiaque ou encore l'augmentation de la chaleur corporelle apparaîtront. Elles dureront le temps nécessaire à l'individu pour qu'il affronte cette peur et par la suite rationnalise la situation.

 

                                             Contre les araignees

 

◊ Mais si l'homme se retrouve face à un réel danger potentiellement mortel, le cerveau "sonnera" alors l'alarme (amygdale "route courte") et en un millième de seconde, enverra un message nerveux capital à la survie de l'individu. Ce message se traduira de différentes façons : une montée d'adrénaline, un rythme cardiaque qui augmente ou une paralysie. Toutes ces réactions controlées par le cerveau permettront inconsciemment à l'individu  de réagir face au danger. Trois solutions réflexes s'offrent à lui : la fuite pour s'éloigner du danger, l'affrontement par le combat ou au contraire l'immmobilité en restant figé face au danger. Dans ces 3 cas, l'individu sera protégé grâce à ces réflexes instinctifs de survie : la fuite, la lutte et l'immobilité.

 

    Peur 

 

                            Lutte

 

La peur joue donc un rôle d'instinct protecteur. Elle permet à un être vivant d'agir plus vite qu'il ne pense face au danger et ainsi de sauver sa vie.

Certaines espèces ont conservé cet instinct de survie très visible encore aujourd'hui. Par exemple, les chevaux dorment debout. En effet, un muscle spécifique leur permet de bloquer leur jambe afin d'être toujours prêts à fuir face aux prédateurs éventuels. On peut parfois apercevoir des chevaux couchés ; cela se produit lorsqu'ils sont domestiqués et en général en sécurité dans leur enclos ou leur boxe. Les mustangs sauvages d'Amérique ou brumbies d'Australie ne dorment presque jamais couchés étant toujours exposés au danger. 

Ainsi la peur est essentielle à la survie des espèces . Sa présence garantit l'instinct de survie et donc la vie des individus. La peur est donc une protection nécessaire à la survie des êtres vivants ; sans elle, les espèces auraient pu disparaître.

 

C. La peur comme plaisir.

Après avoir effectué un sondage (non représentatif de la population) nous avons réalisé que globalement 50 % des personnes, que se soit des hommes ou des femmes, aiment regarder un film d'horreur. Cependant on remarque une différence à propos de l'âge des personnes interrogées : sur la tranche des 41/60 seulement 35% apprécient les films d'horreur contre 65% chez les jeunes (15/25). Une majorité de ces derniers avoue toutefois aimer regarder des films d'horreur entre amis  et non seul. Le film d'horreur serait donc un "phénomène de jeunes" que ces derniers aiment partager entre eux.

Aussi selon notre sondage 60% des personnes interrogées ( 14 personnes sur 21) aiment et recherchent des sensations fortes comme le saut en parachute ou les parcs d'attractions.

 

Il est donc intéressant de se demander: pourquoi certaines personnes accueillent le frisson que procure la peur conmme une source de plaisir alors que d'autres, au contraire, ne recherchent pas ce frisson ?

 

 

La psychologie a regroupé ces personnes sous l'étiquette de " High Sensation Seekers" (HSS), en français "chercheurs de sensations fortes", dont la devise pourrait être "no risk, no fun".

Roland Jouvent, un psychiatre tient à rappeler que ces HSS ne sont pas des "têtes brulées", qui foncent sans réfléchir car les HSS ont parfaitement conscience du danger auquel ils s'exposent, puisque c'est ce dernier qui leur procure du plaisir. Au contraire les "têtes brulées" n'ont pas conscience du danger, ils agissent sans réfléchir et n'ont pas peur en agissant.

Ces chercheurs de sensations fortes sont donc des spécialistes du risque. Les cascadeurs par exemples passent des jours à "régler " leur cascade et cette anticipation leur procure presque autant de plaisir que la cascade en elle même qui agit comme une sorte d'apothéose. Les alpinistes, quant à eux, vivent chaque ascension différemment, le plaisir réside dans la capacité à gérer la nouveauté, recherchant des prises pour continuer à s'élever et ne surtout pas tomber.

 

Cascade       Alpinisme

 

 

Il n'existe pas de profil type du passioné de la peur mais plutôt une gamme qui s'étend "du normal au pathologique" indique Roland Jouvent :

-les champions d'escalade ou de sports extrêmes éprouvent de l'excitation en maîtrisant quelque chose de réputé impossible.                                                                                                                    -les personnes qui utilisent l'anxiété comme un moteur, les acteurs que le trac aide à affronter la scène....                                                                                                           -les personnes pour lesquelles la peur et l'anxiété agissent comme une drogue (niveau pathologique). 

Ces personnes sont pour la plupart malheureuses et fortement dépendantes à cette "drogue".  

"En caricaturant à peine,on peut dire que les adeptes de sensations fortes se font peur quand ils ont besoin de se stimuler, alors que la plupart des gens boiraient un café."

 Plusieurs tests psychologiques ont montré qu'un trait de caractère ressortait chez tous ces HSS : le tempérament des chercheurs de sensations fortes est caractérisé par une intolérance plus importante que la moyenne à l'ennui, la monotonie et à la répétition. Ce trait de caractère a aussi été observé chez les rats, prouvant le fait qu'il existe bien 2 catégories de personnes: celles qui recherchent le frisson et celles qui n'en éprouvent  ni besoin ni envie.

 

 

Base

 

 

Nul ne sait avec certitude d'ou vient cette inégalité de comportement. Mais un facteur génétique commun à beaucoup d'amateurs du risque a été identifié: c'est une forme particulière, dite D4, du récepteur de la dopamine (le neurotransmetteur cérébral du plaisir). La forme du transmetteur de la dopamine aurait donc un impact sur la gestion du plaisir et c'est cette gestion de départ qui ensuite influencerai les personnes face aux sensations fortes (la dopamine est une molécule aux multiples usages: c'est un neurotransmeteur, précurseur de l'adrénaline qui est associé à la recherche de récompense et contribue aussi au contrôle des mouvements).

Les adeptes de sports extrêmes vous le diront: ils cherchent à se dépasser. Pourquoi ? l'accomplissement personnel (dernier niveau de la piramyde de Maslow) mais aussi les effets de l'adrénaline et de la dopamine.

La quête de l'adrénaline est une des raisons principales qui pousse de plus en plus de personne à se dépasser. Dans une situation dangereuse, l'homme se met à sécréter de l’adrénaline et c'est cela qui lui procure le sentiment de peur. Des réactions vont alors avoir lieu dans notre organisme: le système digestif va ralentir et le sang va se retirer des zones digestives pour se rendre dans les muscles des bras et des jambes. On va ressentir des papillons dans l’estomac, car le sang s’en va très rapidement pour aller dans les muscles pour réagir au stress.

Autant que l'adrénaline, la recherche de dopamine ( qui entraine un sentiment de récompense) est un facteur important. L'effet de cette dernière est appréciée différemment selon les personnes: un sauteur à l'élastique sera accro à un flash de dopamine, un pic de production (aspect phasique). Alors qu'un alpiniste recherchera plutôt un maintient d'un niveau élevé de dopamine (aspect tonique).

 

                      Dopamine            Adrenaline

 

Ce type de mécanisme mettant en jeu la dopamine est au coeur de la notion d'addiction. L'exemple le plus frappant est celui d'un sauteur à l'élastique, auteur de 3000 sauts, qui déclare n'avoir jamais retrouvé les sensations du premier saut mais persiste, encore et toujours à sauter. Roland Jouventd déclare qu'il s'agit d'un cas extrême proche de la toxicomanie. Il rapproche d'ailleur cet homme à un dealer car ce dernier gagne sa vie en vendant des sauts à l'élastique, ce qui est une attitude proche de celle de l'usager de drogue qui en vient à dealer pour subvenir à ses besoins.

 

         Saut

 

Enfin, à l'extrême des recherches du plaisir par la peur, se trouvent des comportements dit agonistiques. Il s'agit de la recherche "d'autre chose" en réponses à des "facteurs renforçants". On va chercher ailleurs quelque chose qui "pimente" l'existence. Cela désigne les personnes qui cherchent à se démarquer des autres en repoussant les limites. Les rodéos nocturnes qui ont parfois lieu dans les grandes agglomérations en sont l'exemple.

 

 

Chute

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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