II. Quand la peur devient un handicap.

A. Les phobies, des déséquilibres émotionnels

    La peur est un système d’alarme propre à tout être vivant équilibré.

    Une phobie est un dérèglement de ce système. En effet, une phobie est une modification du trajet neuronale (voir partie I).

Par exemple, lorsqu'un arachnophobe se retrouve devant une araignée, l'information provoque une transformation du chemin neuronal du thalamus aux amygdales en autoroute ! (chemin court). Par conséquent, l'information n'est pas transmise au cortex préfontal qui a pour rôle de calmer cette agitaion et la peur est alors inévitable. Ainsi, ce dérèglement est un facteur de ces peurs maladives, de ces expressions excessives sans raison objective, c’est une peur incontrôlable et focalisée. Sous cette forme la peur prend alors son caractère adaptatif, comme par exemple sous forme d’attaque de panique se déclenchant sans danger véritable (danger souvent irréel).

De plus, lors de ces crises d’angoisses brutales spontanées ou liées au contexte (ex : sentiment d’enfermement ou de solitude), l’individu a alors la sensation physique de courir un grand danger ou dans les cas extrêmes, il a la certitude qu’il va bientôt mourir ou devenir fou. Ainsi ces dérèglements montrent des réactions qui ont comme origine une souffrance ou encore une inadaptation à l’environnement qui entoure l’individu concerné.

 

Des études ont montré que 1 personne sur 10 présentait une phobie et que celle-ci était diagnostiquée selon 3 critères :

-         L’intensité de la réaction émotionnelle face à la situation posant problème (le patient ressent-il une panique ou un sentiment d’inconfort?)

-         La possibilité d'évitement (le patient peut-il éviter cette phobie ou ni parvient-il pas ?)

-         Le degré d'handicap dans la vie quotidienne du patient (lié surtout à son objet, par exemple, pour un citadin la peur des chevaux est moins handicapante que celle des transports).

                                    Phobie

  

Les peurs excessives et les phobies sont classées en quatre grandes familles :

 

-         1ère famille :

   Les peurs suscitées par les animaux (chiens, chats,...) ou les insectes (mantes religieuses, guêpes,…) ou encore par les éléments naturels (eau, vide, orage, obscurité, sang). Ce sont les phobies les moins handicapantes, sauf pour la peur du sang, des blessures, piqûres ou injections.

 

-         2ème famille :

   Les peurs sociales qui sont supportables lorsqu’elles sont modérées (trac, timidité,…) mais qui atteignent le stade de phobies sociales lorsque la personne ne peut plus supporter les regards ou les échanges banals de la vie quotidienne. Arrivée à ce stade, la personne se sent alors agressée ou jugée à chaque échange ou regard avec une autre personne.

 

-         3ème famille :

   La peur de ressentir et de ne pas pouvoir contrôler. Les symptômes visibles sont des agissements physiques et mentaux désagréables comme une accélération du rythme cardiaque ou un sentiment d’avoir la tête vide, ces signes sont souvent ressentis dans les situations où on se sent coincé (lieu clos) ou loin de chez soi (voyage) ou les deux comme dans les embouteillages.

 

-         4ème famille :   

   Elle concerne le reste des peurs, comme la peur de la mort (thanatophobie), de la maladie (nosophobie), des microbes (mysophobie) ou encore la peur d’avoir une impulsion et de commettre un acte agressif ou offensant, … c’est un groupe beaucoup moins homogène qui comporte souvent des aspects obsessionnels comme effectuer un rituel de prévention, qui fait une sorte de passage vers les troubles obsessionnels compulsifs.  

 

Ainsi, il existe une grande quantité de phobies, certaines sont surprenantes et d'autres inconnues ou très célèbres.

- Acrophobie : peur des hauteurs 

- Aérodromophobie : peur des avions                        - Génophobie : peur du sexe

- Agonaphobie : peur des grands espaces                 -  Hématophobie : peur du sang

- Ailurophobie : peur des chats                                  - Hylopophobie : peur des forêts, des arbres ou même du bois

- Algophobie : peur de la douleur                               - Hypocondriaque : peur d'être toujours malade

- Amatophobie: peur de la poussière                         - Kleptophobie : peur de voler

- Astraphobie : peur des orages                                - Lancerophobie : peur du cancer                                                                          

- Apopathodiaphulatophobie : peur d'être constipé  - Nosophobie : peur des maladies

- Aquaphobie: peur de l'eau                                        -  Nodophobie : peur d'être nu

- Aracnophobie : peur des araignées                          - Ophioliophobie : peur des serpents

- Batophobie : peur des profondeurs                         - Panophobie : peur de tout

- Bélonéphobie : peur des piqûres ( seringue, aiguille, insecte)      - Pyrophobie : peur du feu

- Claustrophobie : peur des espaces clos                    - Thalassophobie : peur de la mer

- Clinacophobie : peur des escaliers                             - Thermophobie : peur de la chaleur

- Diapophobie  : peur de transpirer                             - Tricophobie : peur des poils

- Entomophobie : peur des insectes

 

 

 

 

 

Nous avons réalisé un sondage (non représentatif de la population) et même si les peurs de chacun sont différentes, des peurs sont réapparues plusieurs fois.

Sur 25 personnes interrogées :        _4 avaient peur du vide

                                                      _4 avaient peur des araignées

                                                      _3 avaient peur de l'échec personnel

                                                      _2 avaient peur des serpents

                                                      _2 avaient peur des guêpes et des piqûres

 

Avis d'une psychologue sur :

-Peur de l'échec Peur de l'échec

-Le stress qui se transforme en peur des examens Le stress qui se transforme en peur des examens

-La peur de la mort par les enfants La peur de la mort par les enfants

 

 

 

B. Les conséquences sur le comportement

Après avoir montré les différentes familles de phobies, il faut savoir que chaque type de phobie provoque des conséquences différentes.

- Les phobies concernant les animaux, les insectes, les éléments naturels provoquent dans la majorité des cas un évitement de soins dentaires, des vaccins, prise de sang. Cette famille est peut être la moins handicapante mais si l'individu est atteint d'une maladie grave il sera très difficile de le soigner parce qu'il est belonephobe (peur des piqures) ou hématophobe (peur du sang) ou encore algophobe (peur des douleur), l'état de santé du patient peut ainsi s'aggraver et devenir critique. Même pour un individu atteint de la grippe, ce genre de phobie peut fortement aggraver son état. Donc il est souvent difficile de gérer ces patients lors de visites médicales banales.                          

                 

 

- Les phobies des relations sociales entraînent pour le sujet une privation des relations essentielles à tout être humain. Le sujet s'enferme ainsi dans son monde et devient insensible à ce qui se passe autour de lui. Cet enfermement provoque l'installation d'une solitude et si celle-ci s'installe sur une longue durée, l'individu souffrira de dépression. De plus, si la phobie du sujet est très présente, les visites chez un médecin peuvent même devenir impossibles. L'entourage de cette personne  est  alors indispensable si on veut éviter une dégradation de la situation (alcool, drogue....) qui peut malheureusement aboutir au suicide dans le pire des cas

 

- La phobie sur la peur de ressentir et de ne pas pouvoir contrôler ses gestes a pour conséquence l'appariton de crises d'angoisses et de paniques régulières. Elles sont provoquées par des situations de la vie courante comme se retrouver dans un lieu clos ou encore rester coincé dans un embouteillage. Le sujet peut souffrir alors d'agoraphobie, c'est à dire qu'il limitera de plus en plus ses déplacements, même pour une visite médicale. Ses sorties et contacts avec le monde extérieur seront de plus en plus limités. Cependant, on peut noter que le patient accepte de sortir si une personne proche et de confiance l'accompagne, jusqu'à un certain stade  de la maladie.

 

- La phobie concernant toutes les autres phobies, c'est à dire la peur de la mort, des microbes, ou encore de la maladie entraîne dans la plupart des cas, des aspects obsessionnels, comme par exemple, des pensées intrusives incontrôlables ou la mise en place d'une sorte de rituel magique de prévention qui rassure l'individu. Ce rituel est souvent visible chez les personnes atteintes de mysophobie (peur des microbes), qui pour apaiser leurs troubles nettoient plus de cinq fois par jour un objet. Ces troubles de plus en plus importants sont une sorte de passage vers les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui est un autre stade de la phobie. 

 


 

Bien sûr, il existe des traitements ou thérapies permettant d'atténuer ces phobies : 

- Médicaments. Les phobiques souffrent d'une mauvaise estime de soi, d'un manque de confiance qui les pousse à se renfermer sur eux-mêmes. Pour soulager les phobies sociales, les médecins prescrivent des bêtabloquants ou des antidépresseurs, qui permettent de lever les inhibitions en société. 

- Les thérapies comportementales sont indiquées pour soigner toutes les phobies. Certains psychiatres exposent d'emblée les patients phobiques à l'objet de leur phobie, d’autres passent par des paliers. C'est ce que l'on nomme l'exposition.

 Thérapie comportementale

 

- L'environnement, aussi bien sonore que visuel, est reconstitué et le thérapeute contrôle l'apparition et l'intensité de la situation phobique. Progressivement, le patient apprend ainsi à faire face à sa phobie.

- La thérapie virtuelle est une nouvelle méthode qui permet d'exposer le patient à l'objet de sa peur, de manière virtuelle. Equipé d'un casque, il se trouve au cœur d'une scène virtuelle qui reproduit la situation de phobie. (exemple : peur des hauteurs >>>> l'individu se trouvera sur un pont)

Thérapie virtuelle

 

- L'hypnose, qui a pour objectif de plonger le patient dans un état entre la veille et le sommeil. Un état qui va détendre le patient, en diminuant rapidement l'impact des agents stressants. Un travail peut alors être réalisé pour libérer les tensions du patient face à un blocage ou à sa phobie.

L'hypnose 

 

La méthode d'une psychologue :

L'EFT L'EFT                                                                       .

      Points et méridiens de l'EFT

 

 

 

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